L'équipe

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Passion Nature, un salon unique en son genre
avec Jean-Pierre Seppey

 

«Des foires qui font la part belle à la nature, à la chasse, à la pêche, au tourisme vert et au développement durable, il en existe des dizaines à travers toute l'Europe. Mais un grand rendez-vous multidisciplinaire qui n'exclut aucune composante de la protection de la nature, qui réunit autant de passionnés de notre flore, de notre faune et de nos poissons, avec de vrais débats ouverts et constructifs, ne cherchez pas: Passion Nature, le Salon international de la chasse et de la pêche, est unique en son genre!

Comme je l'ai conçue, cette plateforme alpine se veut un lieu de savoir et d'échange où la nature quitte le discours pour s'incarner dans le réel. En témoignent la présence sur site d'une authentique forêt de protection, d’animaux vivants de tous horizon, et notamment tous les poissons vivants indigènes en Suisse qui pourront être admirés dans de grands aquarium.

Autrement dit: un programme sur mesure pour les familles, d'autant plus que, grâce au soutien de notre partenaire principal, La Loterie Suisse Romande, notre association Passion Nature a imaginé pour vous et vos enfants de nombreux rendez-vous aussi pédagogiques que ludiques. Une manière de construire ensemble dans le respect de la biodiversité un futur respectueux d'une nature à la fois belle et généreuse.
Si je suis fier aujourd'hui de vous présenter Passion Nature, c'est qu'il s'agit d'une manifestation internationale en parfaite adéquation avec l'enthousiasme des Valaisannes et des Valaisans pour leur cadre de vie unique à préserver absolument!»



Passion Nature, pour les femmes et les enfants aussi,
avec Gaëlle Roduit, responsable de l’intégration des femmes et des enfants

«Pour moi, l’important est que tout le monde se sente représenté et accueilli durant Passion Nature. Autant les femmes, les enfants, et la famille en générale, que les spécialistes, chasseurs et pêcheurs notamment»,  souligne Gaëlle Roduit, responsable de l’intégration des femmes et des enfants durant le salon. 
Elle-même chasseuse depuis quelques années, elle a pu constater  la difficulté d’entrer dans le milieu en tant que femme.  «Surtout, si l’on a pas un entourage dans le milieu au préalable», commente-t-elle. «Pour un homme, ce sera toujours plus facile de trouver un copain qui l’intègre à un groupe que pour une femme !»  Mais finalement ce qui lui a semblé le plus compliqué aura été d’obtenir du matériel adapté. En particulier des habits. «Les femmes devraient souvent se contenter des petites tailles pour hommes et les faire reprendre», a-t-elle pu constater. «Mais si on nous donne les moyens de nous sentir à l’aise durant l’activité, nous sommes tout aussi capables que les hommes.» Sans prétendre prendre leur place pour autant, souligne-t-elle. «A la chasse, c’est plus une histoire d’équité que d’égalité. Nous ne pouvons pas faire tout ce qu’ils font. Mais finalement, il y a peu de rivalité entre nous. C’est un loisir. Le plaisir reste au centre.» 



Pour préparer Passion Nature, Gaëlle Roduit  a ainsi veillé que parmi les exposants présents certains tiennent comptent de leurs besoins. Elle s’est également occupée d’intégrer les enfants dans la manifestation. Institutrice de métier, il lui tenait à coeur qu’ils puissent venir y découvrir des animaux vivants et ce tout ce qui touche à la nature. «Il est primordial que chaque enfant ait une connaissance de leur milieu naturel proche.» Le salon se veut donc pour eux l’opportunité de mettre une image sur un animal. «Dans les aquariums, ils observent les poissons, leurs formes, leurs couleurs, leurs mouvements, alors qu’ils ne les connaissent souvent jusque là qu’au travers de livres, d’émissions télé, sous forme de nourriture… Ils peuvent également toucher les animaux de la ferme du bonheur, des chèvres, des lamas et se figurer ainsi leur taille, par exemple.»


Les écoles de Martigny sont invitées cette année, et pour que la manifestation reste accessible à tous les enfants, l’entrée est gratuite jusqu’à douze ans. Un parcours fléché est prévu pour apprendre en s’amusant. Si le salon comprend un secteur armurerie, il est facile de l’éviter en le suivant. «Personne n’est obligé d’être confronté aux armes durant le salon», conclue Gaëlle Roduit. «L’objectif est définitivement que tout le monde s’y sente libre, à l’aise et en retienne quelque chose de positif.»


 

L'histoire de la chasse en Valais,
avec Narcisse Seppey, Président d'honneur de Passion Nature

 

 L’histoire de la chasse en Valais a connu un tournant au milieu du vingtième siècle en même temps que l’ensemble du mode de vie dans le canton changeait. Narcisse Seppey, le premier chef du service cantonal de la chasse et de la pêche et le président d’honneur de Passion Nature, nous explique cette transition.


«Avant 1950, la viande est rare», souligne-t-il. A l’époque, une vache pèse 400 kilos contre 800 aujourd’hui et trois familles partagent sa chair. Pareil pour le cochon. Toutes les pièces sont utilisées. «Le braconnage est alors un mode de survie. Si bien que les animaux sauvages sont de plus en plus rares», poursuit-il. Les bouquetins, les chamois, les marmottes ont pratiquement disparu.
La situation change en 1950 avec les grands chantiers et la construction de la Grande Dixence surtout. Toute la main-d’oeuvre masculine du canton y trouve du travail sans avoir besoin de formation. Alors que jusque-là, on pratiquait le troque dans le canton, les premiers salaires sont une véritable révolution financière. «A partir de là, le droit d’aînesse disparaît. Tout le monde peut choisir sa vie. Fonder une famille. Le braconnage nourricier disparaît dans le même temps.»


Petit à petit des espèces ont été réintroduite et des zones de réserves définies. «En 1966, nous avons lâché un cerf et des biches dans le Val d’Hérens, par exemple», explique l’ancien chef de service. «Nous avons convaincu les chasseurs de ne pas tirer les femelles et les faons les premières années.» Après 5 ans, ils en dénombrent plus de mille. «Nous avons ensuite mis en place une formation de deux ans pour les chasseurs qui leur apprennent les espèces, les zones de réserve, les lois, etc.» Narcisse Seppey insiste : «une formation solide, trois à quatre fois plus conséquente que le permis de conduire, pour que le chasseur soit apte à remplir sa mission de régulation.»


Ainsi dès le milieu du vingtième siècle, grâce au travail de responsabilisation des chasseurs menés par le canton, la confédération et les chasseurs eux-mêmes, «le Valais a retrouvé une faune magnifique et variée», conclue Narcisse Seppey.


 

« La nature est un état d'esprit»,
selon Marc-Henri Favre, Président du comité de patronnage de Passion Nature

 

Il pêche depuis trente ans aux quatre coins du globe. Encouragé par son frère, il a passé son permis de chasse avec son fils et sévit dans le secteur de Ravoire. Dans son bureau de l’entreprise Favre Transport qu’il codirige à Martigny, des photos témoignent de ses plus belles prises halieutiques et de quelques trophées de chasse. Pour l’ancien président de Martigny, Marc-Henri Favre, le salon Passion Nature, dont il a accepté la présidence du comité de patronage, répond à un besoin :

«La chasse, la pêche, et notre rapport à la nature en général, sont un état d’esprit que l’on doit avoir toute au long de l’année. Il ne se résume assurément pas à coup de feu que l’on aurait en automne à l’orée d’une clairière ou à un coup de ligne dans un torrent de montagne. Cette philosophie est au cœur de l’exposition Passion Nature. Elle met en avant les interactions entre l’homme, la faune, la forêt et la nature en général en vue de la préservation de leur bon équilibre. Passion Nature permet à des non-initiés de se familiariser avec des aspects méconnus de la chasse, de la pêche, mais aussi des travaux de la forêt protectrice, aspects qui permettent ensemble la préservation de la biodiversité de nos magnifiques montagnes.»


 

« On chasse pour être dans la nature d’abord »,
selon Patrice Seppey, manager chasse du salon Passion Nature


«J’ai toujours eu envie de pratiquer la chasse, ce sport pénible et rigoureux, qui récompense d’abord par le plaisir d’être dans la nature», sourit Patrice Seppey, le manager chasse du salon Passion Nature. Ayant grandi dans une famille de chasseurs, il a passé son permis très jeune avec en tête l’envie de participer au rôle de conservation du patrimoine animalier que joue la chasse. Mais d’abord, au coeur de son intérêt et «tous les chasseurs le diront : le vrai plaisir réside dans la traque qui dure jusqu’à des jours et dont on revient parfois bredouille, car l’animal, dans son territoire, a été plus subtil que nous.» Il nous parle de la chasse en général et de la manière dont elle va être présentée durant le salon Passion nature.

Quel type de chasse pratique-t-on en Valais ?
Durant des siècles, la chasse a été une pratique nourricière dans le canton en complément d’une agriculture peu généreuse. Aujourd’hui, ce besoin n’existe plus, même si le plaisir de partager un repas de chasse reste ancré dans nos traditions et que tout un chacun apprécie ces soirées particulièrement propices aux souvenirs et anecdote pas toujours vraies. La chasse est aujourd’hui nécessaire à la gestion de notre environnement. La surpopulation de gibier peut le dégrader, alors que les hivers rudes et le manque de nourriture engendrent des maladies. La chasse permet de réguler cette population par espèces dans le respect de la nature et de ses droits. Elle participe ainsi au maintien d’une faune saine dans un environnement optimal.

Comment la chasse est-elle perçue aujourd’hui ?
Nous constatons que tous les amoureux de la montagne, qu’on parle de guides, de skieurs, de randonneurs, et parmi eux des jeunes, connaissent les charmes de notre nature et beaucoup comprennent les enjeux de la chasse. Ils la perçoivent comme un complément utile à la gestion de notre faune. Ils la considèrent en plus d’être utile comme un complément agréable et convivial. Auquel les femmes peuvent heureusement aujourd’hui participer à l’instar des hommes car il ne peut y avoir de distinction dans une passion qui œuvre au sein d’une nature généreuse.

C’est sous cet angle d’ouverture que Passion Nature présente la chasse ?
Durant ce salon, l’objectif des organisateurs est de la présenter comme une passion d’abord, comme une démonstration d’amour de la nature ensuite, et surtout, nous voulons démontrer avec d’autres partenaires que la nature qui nous est offerte ne peut être aussi belle et généreuse sans la participation utile de tous. Les chasseurs n’en sont qu’un rouage, mais ils participent activement à cette mission.


 

« Pêcher, un sport par amour de la nature »,
selon David Theler, Manager pêche de Passion Nature

 

David Theler pêche depuis plus de trente ans. C'est son père qui lui a transmis le virus tout petit, puis son parcours professionnel lui a permis de se former sur la biologie des poissons, leur gestion ainsi que la restauration de leurs habitats. Il est le manager pêche de Passion Nature. Il nous parle de la pêche en général et de la présence des poissons durant le salon.

Combien de personnes pêchent en suisse  et quel est leur profil ?
Environ 120'000. Le profil du pêcheur est assez représentatif de la société actuelle, même s'il ne concerne que 5% des femmes.

La discipline se renouvelle bien ?
Même si l'accès à d'innombrables activités réduit inévitablement le nombre de jeunes adeptes, la création d'écoles de pêche, les passeports vacances et le développement de techniques de pêche modernes parviennent à maintenir un certain renouvellement. On dénote ainsi depuis quelques années un regain d'intérêt chez de nombreux jeunes adeptes du street-fishing - un concept récent qui consiste à traquer activement, à l'aide de leurres, les poissons carnassiers des canaux et rivières urbains - et de la pêche à la mouche.

Pêche-t-on aujourd'hui  pour se nourrir ou pour le sport ?
Surtout par amour de la nature mais également pour le côté sportif. Le profil du pêcheur a considérablement évolué avec une certaine prise de conscience de la fragilité des milieux aquatiques. De plus en plus d'adeptes pratiquent d'ailleurs le no kill, qui consiste à pêcher et à sortir un poisson de l'eau délicatement, à le décrocher sans le blesser, à le photographier puis à le rendre à son milieu. La pêche est également une échappatoire pour de nombreuses personnes, véritable antidote au stress de la vie quotidienne.

Quels types de poissons seront représentés à Passion Nature ?
Des espèces typiques de la faune piscicole suisse et plus particulièrement valaisanne. On y verra des poissons typiques des plans d'eau et étangs de plaine et d'autres vivant dans des eaux vives et plus fraîches.

Comment seront-ils exposés ?
Les plus gros spécimens évolueront dans un bassin géant d'un volume d'environ 40 m3 et les autres dans de plus petits aquariums.

Quelles difficultés d'organisation avez-vous rencontrez ?
Les principales difficultés résident dans le fait de trouver et de capturer un maximum d'espèces puis de les "stocker" temporairement, avant l'exposition. Certaines espèces en voie de disparition (comme l'apron ou le nase) ou endémiques au bassin versant de la rivière Tessin, dans le canton éponyme, n'ont logiquement pas été recherchées.

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